Je me balladais dans les rues de moscou, le printemps venait de pointer le bout de son museau fleuri, accompagné de toutes ses odeurs et de toutes ses sensations. A mes côtés marchait Margaux, son baggy bouffant la faisait paraître encore plus petite qu'elle n'était déjà, ses cheveux bouclés était tirés en arrière, sa bouille de chaton fixait droit devant elle, son t-shirt à manche longue, trop grand, portait le nom d'un groupe qu'elle appréciait énormément,. On marchait depuis une demie heure déjà, sans vraiment ressentir le besoin de s'arrêter, en parlant de tout et de rien.
-Et puis là tu vois, je m'arrête, j'le regarde et j'lui fais "nan mais... sérieusement est-ce que tu crois qu'avec ta gueule tu vas pouvoir te faire des amis? Regarde toi mec, tu ressemble à rien, on aurait du t'emmener à l'abattoire sérieux... On peut pas vivre avec une gueule pareille..." et là, le mec il s'avançe et me fait...
Je ne l'écoutais qu'à moitié, je sourais bêtement, je souriais aux anges pour lui donner l'impression de l'écouter, mes oreilles étaient plus concentrées sur mes écouteurs qu'autre chose et mes yeux étaient plus posés sur le ciel que sur elle. Je la regardais de temps à autre, juste histoire de me rappeler que cette jolie bouille m'appartenait, elle me tenait par la manche du pull et continuait de parler.
-Et là tu ne m'écoute pas...
C'était toujours comme ça, quand elle se rendait compte que je ne l'écoutais pas, elle le disait et mon esprit se réveillait toujours à ce moment, ce qui m'évitait d'avoir à me justifier à chaque fois.
-Bien sur que si je t'écoute.
-Okay... Et donc tu sais, j'ai trop cru que j'allais la tuer... nan mais tu vois ça se fait trop pas...
-Ouais c'est sûr...
Je ne savais pas de quoi elle parlait mais ce n'était pas important, elle ne faisait pas vraiment attention... Pourtant Dieu sait que je suis une très mauvaise menteuse... Mais peu importe, avec elle ça marchait toujours... Et donc, tandis qu'elle reprenait le fil de son histoire, je reprenais le fil de mes rêveries... Nous marchions à présent depuis deux heures et l'heure était venue pour nous de se séparer, arrivées devant chez moi, je la plaqua contre le mur et l'embrassa, comme à mon habitude, elle sourit en s'en alla... Comme à son habitude...
[Pdv Yulia]
J'avais passé l'après midi enfermée, soit avec ma guitare, soit avec mon portable, je n'aimais pas vraiment les dimanches, je n'aimais pas vraiment le printemps avec toutes ses fleurs et ses amoureux en pagaille, ils étaient pour moi pire que des champignons, il poussaient à foison... et contaminait tout... L'amour... Quelle connerie quand même... C'était bête, toujours en train de sourire pour rien, toujours en train de rire pour des choses qui n'aurait même pas arraché un sourire à un mongolien... Je me promenais dans ma maison, en pantalon de survêtement et soutien gorge, mon frère était dans le jardin en train de jouer avec le chien. Mes parents étaient partis chez les parents de ma mère... Je m'étais portée volontaire pour garder mon petit frère qui était malade... Manière pour moi d'échapper aux "comme elle a grandi..." ou bien, "C'est le portrait de sa mère", "Quelle belle jeune fille"... "Tu dois faire tomber tous les garçons"... Il était vrai que mes grands parents étaient complètements gateux... Et exaspérant... Mais comme le disait si bien Vika "toutes manières le jour où Yulia volkova aimera quelqu'un à part elle... ça se saura..." C'est vrai que je parait hostile, par ce qu'on m'a juste... forcée à le devenir... à 14 ans je fumais déjà et manquais de respect à mes parents... J'étais comme les autres m'appelaient une "rebelle"... Et malgrè que je n'aime pas ce mot, j'avais du m'y faire puisqu'au collège les élèves semblaient avoir oublié que j'avais un prénom et m'appelait sans arrêt "la rebelle"... Les professeurs... Oui ils avaient essayé les heures de colle, les mots dans le carnet... Mais comme c'était sans succès, ils avaient abandonné... Des amis? Oui j'en avais... Mais aucune fille n'en faisait parti... Les filles, je les gardait pour tout ce qui concernait l'amour... L'amitié avec des filles... Trop compliqué... Une seule fille avait eu mon amitié, c'était Vika... Mais elle... je ne la considérais même plus comme "amie"... Elle était devenu ma soeur... ou bien ma "meilleure amie" comme les filles appelent ça... Toujours est-il, appelez là comme vous voulez... ce jour là, lorsque ce fut elle qui m'appela... Il faut dire que son coup de téléphone avait été d'un réconfort absolu...

